Le modèle économique du sport amateur français est à la croisée des chemins. Face à l'évolution des budgets publics et au besoin croissant de structuration des clubs, les entreprises s’imposent désormais comme des partenaires de proximité incontournables. Guillaume Sarfati, CEO et co-fondateur d’act for sport, revient dans une interview exclusive sur la maturité croissante de ce marché et sur la manière dont les marques transforment le soutien local en levier stratégique.
Dans un paysage sportif où les collectivités territoriales — piliers historiques du sport de masse — doivent aujourd'hui composer avec des contraintes budgétaires fortes, une question se pose pour l'ensemble du tissu associatif français : comment pérenniser le sport pour tous ? Si l'engagement des bénévoles reste le moteur indéboulonnable, c'est du côté du sponsoring structuré que nous voyons les lignes bouger le plus.
L’héritage de Paris 2024 : de l'opportunisme à l'engagement durable
Beaucoup craignaient que l’élan des JOP de Paris 2024 ne soit qu'une parenthèse marketing, une "coquille vide" une fois la flamme éteinte. La réalité du terrain, telle que nous l'observons chez act for sport, est bien plus encourageante. Si certaines marques ont pu surfer sur la vague de manière éphémère, les acteurs les plus matures ont compris que l'héritage ne se décrète pas : il se construit dans la durée.
Guillaume Sarfati analyse comment des leaders comme Allianz, Uber Eats ou Groupama ont intégré le sport amateur non pas comme un "petit frère" budgétaire du sport professionnel, mais comme un actif stratégique à part entière. L'enjeu n'est plus simplement de "faire une bonne action", mais de s'inscrire durablement dans le quotidien et le cœur des Français.
Pourquoi le sport amateur attire-t-il les grands annonceurs nationaux ?
L'intérêt croissant des marques répond à une quête d'efficacité concrète, en complémentarité des leviers médias traditionnels. Guillaume explique pourquoi le terrain offre des opportunités que le sport d'élite, malgré sa puissance, n'adresse plus de la même manière :
- La proximité émotionnelle et géographique : Nous ne parlons pas à un "consommateur" passif, mais à un parent, à un joueur, à un bénévole. C’est la force du marketing de proximité : accompagner les gens là où ils vivent leur passion
- L'authenticité au cœur du digital : À l’heure du contenu automatisé, la quête de vérité est centrale. Avec 90% des clubs partenaires d’act for sport respectant leurs engagements de visibilité, le contenu généré est organique et profondément humain. C'est, en quelque sorte, une industrialisation de l'authentique
- La présence réelle vs l'impression publicitaire : Soutenir un réseau de clubs, c'est générer des millions de contacts directs chaque saison. Ce n'est pas une bannière web fugitive, c'est une présence physique et utile lors des remises de maillots, des tournois et des moments forts du week-end
Accompagner la montée en maturité : la méthode act for sport
Notre vision est claire : professionnaliser sans mépriser. Il s'agit d'aider les clubs à se structurer pour répondre aux standards des grands groupes, sans jamais donner de leçons aux bénévoles qui font vivre le sport au quotidien.
Avec un chiffre d’affaires dépassant les 3 millions d’euros en 2025 et un taux de fidélité de nos annonceurs proche de 80%, nous prouvons que le sponsoring de proximité, lorsqu'il est piloté avec méthode (stratégie + activation + pilotage), devient un investissement pérenne.
Guillaume aborde également les nouvelles solutions en cours de développement, comme l'offre que nous co-créons avec la startup Rematch. Ce dispositif ambitionne de fusionner le meilleur des deux mondes : l'impact concret des dotations d'équipements sur le terrain et la puissance de la vidéo digitale pour maximiser le rayonnement des marques au sein des communautés locales.
Le sport amateur est-il le nouvel eldorado du marketing affinitaire ? Quel est le "juste prix" d'une campagne nationale ? Comment passer d'une posture de "guichet" à un véritable partenariat gagnant-gagnant ?




